Le trafic de médicament : une activité "lucrative" !

Les trafics de produits de santé contrefaits sont 10 à 20 fois plus rentable que le trafic d’héroïne selon Interpol. A l’échelle mondiale, le trafic de médicaments est estimé à 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an. C’est un véritable enjeu de santé publique qui représente une menace croissante au niveau national et international. Afin d’améliorer la détection des trafics de produits de santé et les sanctionner tout en préservant la chaîne légale de distribution, l’Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) et le G5 Santé ont signé ce 9 janvier dernier une convention.

 

Quels sont les risques des faux médicaments ?

Les faux médicaments contiennent bien souvent la mauvaise quantité de principes actifs (trop ou inexistante), certains peuvent contenir du mercure, de l’arsenic, du raticide ou du ciment. Parfois, les médicaments authentiques sont volés mais conservés dans de mauvaises conditions ou alors ils peuvent être périmés. Ceci peut entraîner une inefficacité ou une contamination de ce médicament.

 

Vers quels trafics se tournent les groupes criminels ?

La France est une mine d’or pour les groupes criminels. Les dérivés de l’opium (Subutex) remboursés par la sécurité sociale sont détournés vers l’Europe de l’Est et du Nord, où ils sont revendus jusqu’à 200 fois leur prix.

Depuis 1 an, des marchés illicites de ventes d’anti-cancéreux sont apparus, les boites se revendent de 1 500€ à 15 000€ dans les pays en rupture d’approvisionnement.

 

Quel est l’intérêt de la convention signée le 9 Janvier 2020 ?

L’Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé Publique (OCLAESP) est un service de police judiciaire qui enquête, anime et coordonne des actions de lutte contre le crime environnemental et le crime pharmaceutique.

Le G5 santé rassemble les principaux dirigeants des entreprises françaises de santé et des sciences du vivant (bioMérieux, Guerber, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier, Théa), leur plateforme de développement international se trouve en France.

L’intérêt de ce partenariat est d’améliorer la lutte contre le crime pharmaceutique et diagnostique.

 

Sources :

https://www.interpol.int/fr/Infractions/Marchandises-illicites/Achetez-en-toute-securite/Faux-medicaments

https://g5.asso.fr/qui-sommes-nous/presentation-du-g5-sante/

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/Notre-institution/Nos-composantes/Au-niveau-central/Les-offices/Office-central-de-lutte-contre-les-atteintes-a-l-environnement-et-a-la-sante-publique-OCLAESP

Dr Elodie Duquenne